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Shinawatra 7 08 2016 Vote Referendum

Thaïlande: l’adoption d’une nouvelle Constitution est un «retour en arrière» pour Shinawatra

Yingluck Shinawatra, dernière Première ministre démocratiquement élue de Thaïlande, a déploré lundi l’adoption d’une nouvelle Constitution comme un «retour en arrière» pour son pays. «Je suis attristée de voir que notre pays fait un retour en arrière, vers une Constitution non-démocratique», a réagi celle dont le gouvernement a été renversé par un coup d’État militaire en 2014. Mais «j’accepte la décision du peuple», a-t-elle ajouté, dans un premier commentaire, sur les réseaux sociaux. Sans appeler ses partisans, les Chemises rouges, à manifester. Les Thaïlandais ont adopté dimanche une nouvelle Constitution très controversée, qui permettra à la junte au pouvoir de contrôler la scène politique, même après le retour à des élections, promises en 2017. Selon les derniers résultats préliminaires, plus de 60% des votants se sont exprimés en faveur de la nouvelle Constitution. Moins de 40% l’ont rejetée. Même dans le nord-est du pays, qui vote traditionnellement en faveur des Shinawatra, le «non» à la Constitution n’a pas été massif, de l’ordre de 51%. En l’absence de débat de fond, avec une interdiction de critiquer publiquement le projet de Constitution sous peine de prison, d’autres responsables de l’opposition ont moins pris de gants que l’ex-Première ministre et dénoncé un référendum digne d’une «dictature». Aucun n’a cependant appelé à descendre dans la rue pour contester le référendum. Le principal élément polémique du texte est que le Sénat ne sera plus élu mais nommé. Cela implique que, même après le retour des élections, le Parlement se retrouvera sous la coupe d’une chambre haute que les généraux continueront de contrôler. Le but des militaires est de modifier en profondeur le système politique, afin d’empêcher durablement le retour aux manettes de l’opposition, incarnée par l’ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra et sa soeur Yingluck. Jusqu’ici, les militaires avaient principalement eu recours aux coups d’Etat, dès 2006

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Thaïlande : référendum le 7-08-16 sur une Constitution très controversée

Thaïlande : référendum le 7-08-16 sur une Constitution très controversée Dirigée depuis plus de deux ans par la junte, la Thaïlande se prononce ce dimanche 7 août sur un projet de Constitution pour le moins décrié. Cette vingtième version de la loi fondamentale depuis 1932 a été entièrement rédigée par le pouvoir militaire. Pour la junte, le texte permettra de sortir de la crise politique qui gangrène le pays depuis une dizaine d’années. Les défenseurs des droits de l’homme estiment, quant à eux, qu’il marquera un grand pas en arrière pour la démocratie. Avant même la consultation de ce dimanche, la junte a déjà envoyé des dizaines de personnes derrière les barreaux. Au moins 41 personnes ont été arrêtées pour avoir osé critiquer le texte ou avoir mené une campagne contre la nouvelle Constitution. Dès la fin avril, les militaires avaient interdit tout débat et menaçaient de dix ans de prison quiconque s’opposait au projet. Parmi les personnes visées figurent de nombreux journalistes, militants et opposants. Dix-neuf leaders de l’opposition risquent d’ailleurs un an de prison pour avoir voulu mettre en place des groupes d’observateurs du référendum. Élections à nouveau reportées La nouvelle loi fondamentale propose notamment un Premier ministre non élu, un Sénat entièrement nommé et un renforcement du pouvoir des tribunaux qui sont les bastions des élites traditionnelles. Après avoir annoncé des élections générales à deux reprises, l’ancien chef de la junte et actuel Premier ministre, le général Prayut, a de nouveau repoussé le scrutin à juillet 2017. S’il est approuvé, le projet de Constitution risque de porter un nouveau coup sévère à la démocratie et pourrait provoquer une instabilité politique et des violences. S’il est rejeté, la junte a d’ores et déjà promis de rédiger un nouveau texte. Irrégularités L’organisation du référendum a été marquée par de

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2016 07 Thailand Politics Vote No

Thaïlande : Une Constitution qui marginalise le peuple

Thaïlande : Constitution marginalise le peuple Sur le campus de l’université Thammasat, lieu historique de la contestation étudiante contre les nombreuses dictatures militaires qu’a connues la Thaïlande, est affiché le texte du projet de Constitution. C’est ce document qui va être soumis dimanche à un référendum, dont le résultat va avoir un poids déterminant pour l’avenir du pays, embourbé depuis dix ans dans une crise politique inextricable et dirigée par une énième junte militaire depuis mai 2014. Étudiants, retraités, employés ou fonctionnaires lisent avec intérêt la longue suite de panneaux. Ils sont invités à ajouter des émoticônes ou des post-it à côté des articles du texte qu’ils veulent applaudir ou vilipender. Un paragraphe attire un nombre impressionnant d’émoticônes grimaçantes : celui demandant si le Sénat, entièrement nommé par la junte pour un mandat de cinq ans, pourra se joindre à l’Assemblée nationale pour choisir le Premier ministre. Un vieil homme colle un post-it avec ce texte : « En démocratie, le plus grand pouvoir est celui du peuple.» Il s’appelle Phanom Weerapong, est âgé de 65 ans et dit être un fonctionnaire à la retraite. Sec et nerveux, il s’emporte contre le projet de Constitution. «Beaucoup de points de cette Constitution sont injustes. La démocratie, c’est quelque chose qui a à voir avec les droits de l’homme, ce n’est pas quelque chose qui émerge d’un petit groupe qui veut imposer des ordres au peuple», lance-t-il d’une voix ferme. Derrière lui, un groupe de musique venu du nord-est entonne une chanson décriant les «coups d’Etats», le leader du groupe ayant toutefois précisé que la chanson «n’avait rien à voir avec la Thaïlande, mais concernait la Turquie». Des tee-shirts «Non aux putschs» et des livres sur les révoltes étudiantes des années 70 sont exposés à la vente. Ici, l’opinion est unanime. «Je

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