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Deuil National Rues Thailande Janvier 2008

Thaïlande : inconnu après la mort du roi Bhumipol

C’est sans doute l’image que la Thaïlande aurait voulu laisser au monde de son monarque, Bhumibol Adulyadej, décédé ce jeudi à l’hôpital Sirijaj, à Bangkok, à l’âge de 88 ans, des suites d’une insuffisance rénale. En juin 2006, alors que tout le royaume célébrait les soixante ans du règne, Bhumibol était apparu au balcon de la salle du trône, vêtu d’un lourd manteau d’or, aux côtés de la reine Sirikit. Lentement, il avait levé la main pour saluer son peuple et avait esquissé un léger sourire. Face à lui, une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes brandissait des portraits à son effigie et criait «Longue vie au roi !». L’émotion était telle que beaucoup de participants, vêtus de tenues jaunes – la «couleur du roi» –, ne pouvaient s’empêcher de pleurer. Et les observateurs étrangers étaient alors bien obligés de constater l’amour unanime, inconditionnel de tout un peuple pour un monarque quasi-divinisé, à la fois incarnation de Bouddha sur terre et «seigneur du territoire et de la vie» dans la tradition hindouiste. Magie brisée Mais entre le jubilé d’or de 2006 et 2016, le chaos qui a prévalu dans le monde politique thaïlandais a abouti à une érosion du prestige de la famille royale. L’image de Bhumibol a été utilisée sans vergogne par les Chemises jaunes, les opposants au populaire Premier ministre Thaksin Shinawatra qui a dirigé le pays de 2001 jusqu’au coup d’Etat de 2006. Le roi a entériné ce coup d’Etat ainsi que le putsch du 22 mai 2014 qui a éjecté un autre gouvernement pro-Thaksin. Cette politisation du monarque, plus ou moins à son corps défendant, a brisé une certaine magie. Bhumibol n’est plus apparu comme le ferment national de l’ensemble du peuple thaïlandais, mais simplement comme l’idole adulée d’une partie, majoritaire sans aucun doute, de la population. Les Chemises rouges, ou partisans

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Thaïlande: le chant protestataire Mo Lam face à la modernité et à la censure

Mo Lam Dans un sourire édenté de nonagénaire, Gaew entonne un chant Mo Lam: cette musique des campagnes de Thaïlande a su s’adapter à la modernité et se moquer des élites conservatrices de la capitale. Mais elle se retrouve face au défi de la censure militaire. A l’origine, la musique Mo Lam avait été développée pour propager les croyances bouddhistes auprès des paysans analphabètes de cette région rurale pauvre de l’Isan, dans le nord-est de la Thaïlande. Mais les paroles de ces chants traditionnels se sont au fil du temps chargées d’humour, se mettant à raconter histoires d’amours contrariées, difficultés de la vie à la campagne et remous politiques. Aujourd’hui, une variante moderne de Mo Lam funk est populaire auprès des jeunes, au grand dam des puristes. Mais les voix discordantes ont bien du mal à se faire entendre depuis un coup d’État militaire à Bangkok en 2014. En particulier dans le nord et le nord-est de la Thaïlande, cœur historique des partisans du gouvernement renversé de Yingluck Shinawatra. «Le Mo Lam, c’est notre histoire, notre culture», ancrée dans le fait que jusqu’au siècle dernier l’Isan échappait au contrôle de la monarchie absolue thaïe, explique Gaew Sornthunthue, âgé de 96 ans. «Quand j’étais jeune, j’ai appris la musique Mo Lam sous les arbres, dans les champs de riz, quand je surveillais buffles et vaches», ajoute-t-il dans le dialecte de l’Isan. Pour les habitants de cette région qui émigrent par millions à Bangkok, en quête de travail, le Mo Lam incarne une identité régionale qui reste forte malgré une modernisation récente. «Nous utilisons le Mo Lam pour parler, débattre, nous exprimer et réfléchir sur nos vies et nos traditions», explique Sarawoot Srihakot, professeur de musique du village de Gaew, voyant dans le chant Mo Lam l’ancêtre des télévisions partisanes actuelles. Le

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Thaïlande : la junte prolonge la loi martiale

Les élections législatives en Thaïlande, qui devaient avoir lieu l’an prochain, ont été repoussées à 2016, a dit jeudi le vice-Premier ministre et ministre de la Défense du gouvernement militaire au pouvoir depuis le coup d’État de mai dernier. Selon Prawit Wongsuwan, des éléments hostiles à la junte, qui s’est auto-baptisée Conseil national pour la paix et l’ordre, sont l’une des raisons justifiant ce report. « Nous serons en mesure d’organiser des élections aux alentours du début de l’année 2016 une fois que la Constitution aura été ébauchée », a déclaré le vice-Premier ministre à des journalistes. « Pour l’instant, il y a des éléments opposés au Conseil national pour la paix et l’ordre. » « Nous ne demandons pas grand chose. Juste un an pour résoudre les problèmes passés », a ajouté Prawit Wongsuwan. Le chef du gouvernement, Prayuth Chan-ocha, avait déjà laissé entendre que les élections ne se tiendraient pas comme prévu à la fin 2015. La semaine dernière, la junte a également annoncé que la loi martiale ne serait pas levée dans un proche avenir, contrairement aux promesses initiales de la lever dans certaines provinces pour favoriser une reprise du tourisme. L’armée a justifié son coup d’État du 22 mai par la nécessité de rétablir l’ordre après six mois de violentes manifestations des « chemises jaunes » royalistes qui ont eu raison de la chef du gouvernement Yingluck Shinawatra, arrivée au pouvoir par les urnes. Ce putsch est un nouvel épisode dans la crise que connaît le pays depuis une décennie et qui oppose d’une part les « chemises rouges », partisans de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, frère de Yingluck renversé par l’armée en 2006, et d’autre part la classe dirigeante royaliste « chemises jaunes ». Selon l’organisation Human Rights Watch, la Thaïlande « semble être tombée dans un puits sans fonds ». « Six mois après le coup d’État, les critiques font systématiquement

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Hong-Kong : les anti-occupy imbéciles !

Il s’est passé ici quelque chose d’assez drôle. Un groupe d’anti-Occupy (même si le mouvement s’appelle maintenant ‘Umbrella revolution’, puisqu’il déborde de loin le premier mouvement ‘Occupy Central with Love and Peace’ organisé par des universitaires, ceux qui sont contre s’appellent eux-mêmes encore ‘anti-Occupy Central’) sont venus manifester à la Chinese University pour demander la démission du patron de l’université. Il s’agit de Joseph Sung, un médecin qui a joué un rôle important pendant l’épidémie de SRAS et que TOUT LE MONDE respecte et aime (c’est un très bon calligraphe en plus). Or, le titre des patrons d’université à Hong Kong est ‘vice-chancelor’, celui de ‘chancelor’ étant un titre honorifique réservé au chief executive (et au gouverneur pendant l’époque coloniale). Ces abrutis d’anti-Occupy, montrant bien le niveau d’ignorance et d’imbécilité général qui règne dans leurs rangs, exigeaient la démission du ‘chancelor’ de l’université. Ils étaient entourés d’un énorme groupe d’étudiants qui ont tout de suite approuvé, applaudissant bruyamment à l’idée que CY Leung (Leung Chun-ying) démissionne de son poste. Ne comprenant pas la gaffe qu’ils venaient de faire, les anti-Occupy étaient très contents, et un peu surpris, de se voir approuvés par ceux qu’ils prenaient pour des ennemis. Très désolé d’avoir loupé ça ! le campus est immense, mais c’est passé sur Facebook. Il y a une semaine des fuites ont révélé que CY Leung avait reçu d’énormes pots-de-vin d’une firme australienne. Bien sûr il s’en défend en essayant de montrer que tout est très légal (le conseil législatif vient de rejeter la possibilité d’une enquête, les fumiers !). Mais tout le monde pense que cette ‘fuite’ a été provoquée par Pékin, ça leur permettrait de lui demander de partir en sauvant la face : s’il est corrompu, c’est exactement le genre de personnes que Xi Jinping veut pourchasser, et

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Hong Kong: les autorités fixent l’ultimatum à lundi

Les activistes pro-démocratie de Hong Kong ont jusqu’à lundi pour se disperser ; sinon, les forces de l’ordre interviendront. C’est le dernier utimatum envoyé aux manifestants par Leung Chun-ying, à la tête de l’exécutif local, lors d’une intervention télévisée. Si les étudiants n’obéissent pas, les autorités prendront alors « toutes les mesures nécessaires », a-t-il menacé. Les manifestants semblaient dimanche toujours aussi déterminés, après deux journées d’affrontements avec des contre-manifestants, certains soupçonnés d’être liés à la mafia chinoise. Ils réclament la démission du chef de l’exécutif local et le retrait d’une réforme électorale qu’ils considèrent antidémocratique. Samedi, ils ont tendu la main aux autorités pour ouvrir de nouvelles discussions. Cité par l’agence de presse Associated Press, Peter Mathieson, le président de l’université de Hong Kong, a exhorté les étudiants à quitter leur campement d’Admiralty, situé non loin des ministères, d’ici lundi : « Je formule cet appel du fond du cœur, car je pense vraiment que si vous restez là, votre sécurité est menacée. S’il vous plaît, quittez les lieux. » De son côté, Le Quotidien du peuple, qui renseigne sur la position officielle du régime chinois, fustigeait dimanche dans son éditorial relayé par Le Monde, ce mouvement qui « attise les oppositions sociales, détruit les terrains d’entente entre les divers groupes de la société (hongkongaise), ce qui débouche sur un grave climat hostile ». source : Mediapart

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