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Thaïlande : derrière la carte postale un régime militaire

Thaïlande : derrière la carte postale un régime militaire Derrière la belle carte postale de plages paradisiaques au sable fin et à l’eau turquoise se cache une réalité bien moins idyllique pour le pays. Depuis plus d’une année à présent, la Thaïlande est sous la coupe d’une junte militaire qui tient le pays d’une main de fer, inhibant toute liberté. L’Europe doit réagir fermement en exerçant une pression à différents niveaux. Le général Prayut Chan-O-Cha a pris les commandes du pays depuis mai 2014, période à laquelle un coup d’état a renversé l’ancien gouvernement dirigé alors par le Premier ministre de l’époque Thaksin Shinawatra. D’un pays ouvert au reste du monde, force est de constater que la Thaïlande est devenue une dictature qui ne dit pas son nom. La junte militaire actuellement aux commandes bride le pays et ses populations. Les récentes arrestations de 14 manifestants étudiants sont la parfaite illustration d’un régime dur et liberticide. 14 étudiants qui risquent 7 années d’emprisonnement, dans des conditions que l’on sait des plus difficiles, simplement pour avoir voulu protester pacifiquement contre l’absence de démocratie qui règne dans le pays depuis que l’armée a pris le pouvoir. Désormais la Thaïlande ressemble à ces pays où il ne fait pas bon vouloir exprimer une parole différente de celle du pouvoir, presque comme en Corée du Nord même si la communauté internationale reste encore assez frileuse sur la comparaison. Car en Thaïlande à présent, impossible de former une réelle opposition politique démocratique sans risquer des peines d’emprisonnement. Toute liberté d’expression est devenue complexe voire même risquée, la loi martiale a été décrétée soit disant pour le bien du pays. Mais c’est le peuple thaïlandais qui trinque : les médias sont contrôlés voire, pour certains journaux, fermés, les libertés civiques jugulées. L’Europe doit agir pour rétablir la

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Thaïlande: le chant protestataire Mo Lam face à la modernité et à la censure

Mo Lam Dans un sourire édenté de nonagénaire, Gaew entonne un chant Mo Lam: cette musique des campagnes de Thaïlande a su s’adapter à la modernité et se moquer des élites conservatrices de la capitale. Mais elle se retrouve face au défi de la censure militaire. A l’origine, la musique Mo Lam avait été développée pour propager les croyances bouddhistes auprès des paysans analphabètes de cette région rurale pauvre de l’Isan, dans le nord-est de la Thaïlande. Mais les paroles de ces chants traditionnels se sont au fil du temps chargées d’humour, se mettant à raconter histoires d’amours contrariées, difficultés de la vie à la campagne et remous politiques. Aujourd’hui, une variante moderne de Mo Lam funk est populaire auprès des jeunes, au grand dam des puristes. Mais les voix discordantes ont bien du mal à se faire entendre depuis un coup d’État militaire à Bangkok en 2014. En particulier dans le nord et le nord-est de la Thaïlande, cœur historique des partisans du gouvernement renversé de Yingluck Shinawatra. «Le Mo Lam, c’est notre histoire, notre culture», ancrée dans le fait que jusqu’au siècle dernier l’Isan échappait au contrôle de la monarchie absolue thaïe, explique Gaew Sornthunthue, âgé de 96 ans. «Quand j’étais jeune, j’ai appris la musique Mo Lam sous les arbres, dans les champs de riz, quand je surveillais buffles et vaches», ajoute-t-il dans le dialecte de l’Isan. Pour les habitants de cette région qui émigrent par millions à Bangkok, en quête de travail, le Mo Lam incarne une identité régionale qui reste forte malgré une modernisation récente. «Nous utilisons le Mo Lam pour parler, débattre, nous exprimer et réfléchir sur nos vies et nos traditions», explique Sarawoot Srihakot, professeur de musique du village de Gaew, voyant dans le chant Mo Lam l’ancêtre des télévisions partisanes actuelles. Le

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Pourquoi le monde laisse t-il mourir les Rohingyas ?

Pourquoi le monde laisse t-il mourir les Rohingyas ? Ce vendredi, le « Sommet spécial sur la migration illégale dans l’océan Indien » s’est tenu à Bangkok, avec des représentants de 17 pays impliqués dans le processus de Bali sur la traite des êtres humains, des ONG, des observateurs (Japon, Suisse, USA). Une occasion de se frotter au cirque médiatique du hard news en Asie et de se faire une idée sur ce genre de rencontres internationales qui ponctuent l’actualité. Aussi, je voulais savoir s’il y avait une chance que le sort des Rohingyas s’améliore grâce à ce focus, après avoir visité Ranong, une des plaques tournantes du trafic de migrants dans le golfe de Thaïlande il y a quelques mois. La réponse est non, car tant qu’ils ne sont pas reconnus comme êtres humains avec des droits, rien ne changera. J’arrive vers 15h30 à l’hôtel de luxe Anantara Siam, au coeur de Bangkok, ayant fait l’impasse sur le discours d’ouverture du ministre des Affaires étrangères le matin, plein d’expressions vaguement humanistes, disponible via ce lien (en anglais). Le message principal est qu’il faut se « partager le fardeau« . Environ 400 journalistes dont 100 caméras sont massés dans les salons du palace, par terre, dans les canapés, affairés à écrire leur histoire d’avance où il n’y aura plus qu’à remplir les blancs avec la petite phrase du Birman intransigeant, de l’Américain volontariste ou du Thaï placide, qui deviendra le titre de tous les articles du monde dans quelques heures grâce au pouvoir des agences de presse. La rencontre a lieu à huis-clos et il faut attendre la conférence de presse en fin d’après-midi pour boucler la journée. Je discute avec Phil Robertson, d’Human Rights Watch, machine médiatique. Tous les journalistes le connaissent et l’interviewent constamment sur les problématiques humanitaires d’Asie du Sud-Est car

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Thaïlande : la junte prolonge la loi martiale

Les élections législatives en Thaïlande, qui devaient avoir lieu l’an prochain, ont été repoussées à 2016, a dit jeudi le vice-Premier ministre et ministre de la Défense du gouvernement militaire au pouvoir depuis le coup d’État de mai dernier. Selon Prawit Wongsuwan, des éléments hostiles à la junte, qui s’est auto-baptisée Conseil national pour la paix et l’ordre, sont l’une des raisons justifiant ce report. « Nous serons en mesure d’organiser des élections aux alentours du début de l’année 2016 une fois que la Constitution aura été ébauchée », a déclaré le vice-Premier ministre à des journalistes. « Pour l’instant, il y a des éléments opposés au Conseil national pour la paix et l’ordre. » « Nous ne demandons pas grand chose. Juste un an pour résoudre les problèmes passés », a ajouté Prawit Wongsuwan. Le chef du gouvernement, Prayuth Chan-ocha, avait déjà laissé entendre que les élections ne se tiendraient pas comme prévu à la fin 2015. La semaine dernière, la junte a également annoncé que la loi martiale ne serait pas levée dans un proche avenir, contrairement aux promesses initiales de la lever dans certaines provinces pour favoriser une reprise du tourisme. L’armée a justifié son coup d’État du 22 mai par la nécessité de rétablir l’ordre après six mois de violentes manifestations des « chemises jaunes » royalistes qui ont eu raison de la chef du gouvernement Yingluck Shinawatra, arrivée au pouvoir par les urnes. Ce putsch est un nouvel épisode dans la crise que connaît le pays depuis une décennie et qui oppose d’une part les « chemises rouges », partisans de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, frère de Yingluck renversé par l’armée en 2006, et d’autre part la classe dirigeante royaliste « chemises jaunes ». Selon l’organisation Human Rights Watch, la Thaïlande « semble être tombée dans un puits sans fonds ». « Six mois après le coup d’État, les critiques font systématiquement

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Chemises Jaunes Chemises Rouges Thaïlande

Les « Chemises » en Thaïlande Je vais essayer ici de vous expliquer ce que sont les Chemises Jaunes et les Chemises Rouges. La Thaïlande ne fonctionne pas selon les critères gauche et droite, mais par clientélisme. La plupart des leaders politiques sont d’abord des hommes d’affaires qui ont formé des circuits relationnels qu’ils vont confirmer une fois ministre fric à l’appui. La corruption est la règle. Elle sévit partout. Toutes les plages sont tenues par des mafias. Les militaires ne sont pas en reste. La corruption est commune dans toute l’Asie du Sud-Est. La Thaïlande a, depuis la 2de guerre mondiale, joué sur tous les tableaux diplomatiques. S’associant tour à tour ou à la fois avec les Britanniques, les Japonnais puis les États-Unis pour ne pas être classé parmi les vaincus, s’établissant base de décollage durant la guerre du Viet Nam pour les avions EU et base de repos (Pataya) des GI, gardant toujours de bonnes relations avec la junte birmane, gardant ses distances avec le Viet Nam et abritant les Khmers rouges. La Thaïlande a joué sur tous les tableaux en oubliant d’avoir des relations diplomatiques avec ses voisins immédiats mais faisant parti de l’ASEAN. Le roi constitutionnel Bhumibol Adulyadej né en 1927, couronné en 1950, dynastie de Rama IX, est le protecteur du bouddhisme thaï et le dirigeant politique le plus riche du monde (23 milliards $). Chemises Jaunes Le jaune est la couleur préférée du roi c’est pourquoi elle fut choisie par le parti démocrate (PAD) en 2006. Ce parti est celui des classes aisées et diplômées de la capitale Bangkok. C’est la classe sociale que les militaires ont toujours soutenue, à l’aide de relations corrompues à tous les niveaux. La bureaucratie est le bastion de ce conservatisme refusant tout changement, arrogante de ses pouvoirs elle fut toujours

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