Étiquette : régime militaire

Rigorisme social en régime militaire thaï

Rigorisme social en régime militaire thaï En Thaïlande, le régime militaire favorise une culture de rigorisme social. Celle-ci affecte tant le domaine du religieux que la consommation d’alcool ou même le domaine sexuel. Les incidents se sont multipliés ces derniers mois, allant du cocasse au ridicule. Dans la ville de Samut Prakarn, près de Bangkok, la police a arrêté un quinquagénaire thaïlandais, qui avait l’étrange manie de voler des petites culottes et des soutiens gorges mis à sécher sur des fils à linge. Il en avait une belle collection, 4 000 en tout ! Les policiers l’ont exhibé devant la presse, entourée de ses piles de lingerie féminine. L’anecdote peut faire sourire, mais elle est assez caractéristique d’une sorte de conservatisme social, de rigorisme, qui s’affirme de plus en plus sous la junte militaire qui a pris le pouvoir en 2014. Plus de censure sur les films D’autres incidents de ce genre ont eu lieu. Un haut fonctionnaire zélé a dépoussiéré une vieille loi thaïlandaise interdisant de mélanger des alcools pour faire des cocktails. Et ces derniers jours, ce bureaucrate a lancé des raids avec des policiers sur des échoppes ambulantes vendant des mojitos ou des Singapore Sling dans des parcs urbains. Dans le même ordre d’idées, il y a une campagne très active de la part de moines bouddhistes et de laïques pour faire du bouddhisme la religion d’Etat. Certains disent que c’est une très mauvaise idée, car cela renforcerait le caractère nationaliste du bouddhisme thaïlandais et mettrait mal à l’aise les Thaïlandais musulmans et chrétiens. La censure sur les films de cinéma se fait plus forte. Par exemple, le réalisateur d’un film récent montrant la conduite peu orthodoxe de certains moines bouddhistes a été forcé de couper un tiers du film pour que celui-ci soit autorisé à être

Continuer la lecture

Détérioration de la santé du roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej

Détérioration de la santé du roi de Thaï Les nouvelles du roi Rama IX de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, âgé de 88 ans, ne sont pas bonnes. Le palais a indiqué ce mardi que les médecins «contrôlaient étroitement» la santé de Bhumibol Adulyadej qui, hospitalisé pour des troubles cardiaques et respiratoires, souffre actuellement d’une forte fièvre. Le 11 janvier dernier, le roi de Thaïlande, dont le 88e anniversaire a été fêté le 5 décembre 2015, avait brièvement quitté l’hôpital Siriraj situé dans le centre de Bangkok, le temps d’une «promenade» dans son palais Chitralada. Sa sortie précédente remontait au mois de juin 2015. Mais en cette mi-février, l’état de santé du plus vieux monarque en exercice dans le monde inquiète plus que jamais son peuple. Le Palais a en effet indiqué ce 17 février que Bhumibol Adulyadej, hospitalisé pour des troubles cardiaques et respiratoires, est sous étroit contrôle des médecins. Et ce depuis la veille, en raison d’une forte fièvre et d’irrégularités de sa respiration. Le communiqué précise qu’«une équipe de médecins royaux (lui) administre régulièrement une solution d’antibiotiques par voie intraveineuse, et (lui) assure continuellement un apport en oxygène». Les services de la royauté signalent en outre qu’un trouble cardiaque diastolique lui a été diagnostiqué la semaine dernière. Une des lois de lèse-majesté les plus sévères du monde La monarchie thaïlandaise est protégée par une des lois de lèse-majesté les plus sévères du monde, ayant pour conséquence une importante autocensure des médias, y compris étrangers. Cet été, un homme a été condamné à 30 ans de prison et une femme à 28 ans après avoir publié plusieurs messages sur Facebook jugés insultants pour la famille royale. Depuis le coup D’État de mai 2014, réalisé par les militaires au nom de la défense de la monarchie, les affaires de lèse-majesté se

Continuer la lecture

Thaïlande : derrière la carte postale un régime militaire

Thaïlande : derrière la carte postale un régime militaire Derrière la belle carte postale de plages paradisiaques au sable fin et à l’eau turquoise se cache une réalité bien moins idyllique pour le pays. Depuis plus d’une année à présent, la Thaïlande est sous la coupe d’une junte militaire qui tient le pays d’une main de fer, inhibant toute liberté. L’Europe doit réagir fermement en exerçant une pression à différents niveaux. Le général Prayut Chan-O-Cha a pris les commandes du pays depuis mai 2014, période à laquelle un coup d’état a renversé l’ancien gouvernement dirigé alors par le Premier ministre de l’époque Thaksin Shinawatra. D’un pays ouvert au reste du monde, force est de constater que la Thaïlande est devenue une dictature qui ne dit pas son nom. La junte militaire actuellement aux commandes bride le pays et ses populations. Les récentes arrestations de 14 manifestants étudiants sont la parfaite illustration d’un régime dur et liberticide. 14 étudiants qui risquent 7 années d’emprisonnement, dans des conditions que l’on sait des plus difficiles, simplement pour avoir voulu protester pacifiquement contre l’absence de démocratie qui règne dans le pays depuis que l’armée a pris le pouvoir. Désormais la Thaïlande ressemble à ces pays où il ne fait pas bon vouloir exprimer une parole différente de celle du pouvoir, presque comme en Corée du Nord même si la communauté internationale reste encore assez frileuse sur la comparaison. Car en Thaïlande à présent, impossible de former une réelle opposition politique démocratique sans risquer des peines d’emprisonnement. Toute liberté d’expression est devenue complexe voire même risquée, la loi martiale a été décrétée soit disant pour le bien du pays. Mais c’est le peuple thaïlandais qui trinque : les médias sont contrôlés voire, pour certains journaux, fermés, les libertés civiques jugulées. L’Europe doit agir pour rétablir la

Continuer la lecture

Pourquoi le monde laisse t-il mourir les Rohingyas ?

Pourquoi le monde laisse t-il mourir les Rohingyas ? Ce vendredi, le « Sommet spécial sur la migration illégale dans l’océan Indien » s’est tenu à Bangkok, avec des représentants de 17 pays impliqués dans le processus de Bali sur la traite des êtres humains, des ONG, des observateurs (Japon, Suisse, USA). Une occasion de se frotter au cirque médiatique du hard news en Asie et de se faire une idée sur ce genre de rencontres internationales qui ponctuent l’actualité. Aussi, je voulais savoir s’il y avait une chance que le sort des Rohingyas s’améliore grâce à ce focus, après avoir visité Ranong, une des plaques tournantes du trafic de migrants dans le golfe de Thaïlande il y a quelques mois. La réponse est non, car tant qu’ils ne sont pas reconnus comme êtres humains avec des droits, rien ne changera. J’arrive vers 15h30 à l’hôtel de luxe Anantara Siam, au coeur de Bangkok, ayant fait l’impasse sur le discours d’ouverture du ministre des Affaires étrangères le matin, plein d’expressions vaguement humanistes, disponible via ce lien (en anglais). Le message principal est qu’il faut se « partager le fardeau« . Environ 400 journalistes dont 100 caméras sont massés dans les salons du palace, par terre, dans les canapés, affairés à écrire leur histoire d’avance où il n’y aura plus qu’à remplir les blancs avec la petite phrase du Birman intransigeant, de l’Américain volontariste ou du Thaï placide, qui deviendra le titre de tous les articles du monde dans quelques heures grâce au pouvoir des agences de presse. La rencontre a lieu à huis-clos et il faut attendre la conférence de presse en fin d’après-midi pour boucler la journée. Je discute avec Phil Robertson, d’Human Rights Watch, machine médiatique. Tous les journalistes le connaissent et l’interviewent constamment sur les problématiques humanitaires d’Asie du Sud-Est car

Continuer la lecture

Élections 2007-2008 et le roi en Thaïlande

Élections 2007-2008 en Thaïlande Il y eut des élections en décembre 2007 puis en janvier 2008 en Thaïlande. J’ai pu assister à ces campagnes électorales étant présente en Thaïlande. Mais pour un non parlant et encore moins lisant le thaïlandais il m’était très difficile de savoir si l’apparence démocratique était réelle ou non. Ce que j’ai simplement observé était que la vente d’alcool était interdite depuis le samedi après-midi jusqu’à la fin des élections et la connaissance des résultats le lundi matin, les élections ayant lieu toute la journée du dimanche, jour souvent chômé en Thaïlande. Ces élections avaient l’air compliquées pour un non initié, étalées sur plusieurs semaines à différents niveaux, mais après tout je n’ai toujours rien compris aux élections américaines. Chemises Rouges Les gens de la rue à tous niveaux d’instruction avaient l’air de s’y intéresser, dans les journaux (traduits en anglais, je ne sais si c’était les versions d’origines) des articles dès mon arrivée en octobre 2007 qui avaient l’air libre, parlaient en particulier beaucoup de Thaksin Shinawatra qui était mis en accusation de corruption après le bilan économique de son mandat qui paraît pourtant positif surtout sur le terrain social : son gouvernement a travaillé à un système de salaire minimal et de sécurité sociale qui lui ont valu une popularité à travers le pays. Ses soutiens furent dénommés plus tard les « Chemises Rouges« . Coup d’état de septembre 2006 Le pays relevait d’un coup d’état militaire du 19 septembre 2006 pour renverser Thaksin Shinawatra. Le premier ministre actuel est Samak Sundaravej, fondateur du parti de droite PTP en 1979 ; le parti démocrate (partie du PDA, Alliance populaire pour la démocratie, formée à l’occasion de la lutte contre Thaksin) a déposé une motion de censure le 18 juin 2008, et malgré le vote majoritaire en

Continuer la lecture