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Le roi en Thaïlande Bhumibol Adulyedj

Bhumibol Adulyedj L’immense majorité des Thaïlandais n’a pas connu d’autre souverain : Bhumibol Adulyedj a été appelé au trône en…1946. Son image tutélaire a accompagné leur vie et il n’est pas question de lui manquer de respect. L’article 112 du code pénal est très clair à cet égard : il réprime très sévèrement tout acte de lèse-majesté. Le roi est celui qui bannit ce qui doit être banni : circulez, il n’y a rien à ajouter… L’application de cet article 112 qui stupéfie les occidentaux s’est d’ailleurs plutôt durcie à la fin de la vie du vieux roi. C’est un des paradoxes du roi. Il a joué la présence familière auprès de son peuple mais il a aussi creusé la distance entre le commun de ses sujets et son statut particulier de maître de leurs existences. Son long règne est d’ailleurs bien difficile à interpréter. Roi constitutionnel, il aurait voulu élargir son influence mais il n’a joué de rôle régulateur déterminant qu’en de rares occasions. Au total, il a très longuement cohabité avec des régimes militaires : 70 ans de règne, 19 coups d’état ! De même, il a fait mettre en avant sa simplicité mais sa fortune s’est arrondie au point d’être devenue, de loin, la plus importante possédée par un monarque dans le monde. Bhumibol, habité lui-même par la contradiction, n’a pas nécessairement réussi à demeurer la figure unificatrice qu’il disait incarner. Il est vrai que, depuis les années 2000, la Thaïlande est fortement polarisée politiquement. Le fils Rama X Le règne de Rama X qui va commencer permettra, par contraste, de faire le bilan de celui de Rama IX ! A 65 ans, le fils du défunt s’affiche comme un play-boy à l’européenne. S’il dissimule comme son père ses intentions véritables, ce sera sous une toute autre

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Deuil National Rues Thailande Janvier 2008

Thaïlande : inconnu après la mort du roi Bhumipol

C’est sans doute l’image que la Thaïlande aurait voulu laisser au monde de son monarque, Bhumibol Adulyadej, décédé ce jeudi à l’hôpital Sirijaj, à Bangkok, à l’âge de 88 ans, des suites d’une insuffisance rénale. En juin 2006, alors que tout le royaume célébrait les soixante ans du règne, Bhumibol était apparu au balcon de la salle du trône, vêtu d’un lourd manteau d’or, aux côtés de la reine Sirikit. Lentement, il avait levé la main pour saluer son peuple et avait esquissé un léger sourire. Face à lui, une foule de plusieurs centaines de milliers de personnes brandissait des portraits à son effigie et criait «Longue vie au roi !». L’émotion était telle que beaucoup de participants, vêtus de tenues jaunes – la «couleur du roi» –, ne pouvaient s’empêcher de pleurer. Et les observateurs étrangers étaient alors bien obligés de constater l’amour unanime, inconditionnel de tout un peuple pour un monarque quasi-divinisé, à la fois incarnation de Bouddha sur terre et «seigneur du territoire et de la vie» dans la tradition hindouiste. Magie brisée Mais entre le jubilé d’or de 2006 et 2016, le chaos qui a prévalu dans le monde politique thaïlandais a abouti à une érosion du prestige de la famille royale. L’image de Bhumibol a été utilisée sans vergogne par les Chemises jaunes, les opposants au populaire Premier ministre Thaksin Shinawatra qui a dirigé le pays de 2001 jusqu’au coup d’Etat de 2006. Le roi a entériné ce coup d’Etat ainsi que le putsch du 22 mai 2014 qui a éjecté un autre gouvernement pro-Thaksin. Cette politisation du monarque, plus ou moins à son corps défendant, a brisé une certaine magie. Bhumibol n’est plus apparu comme le ferment national de l’ensemble du peuple thaïlandais, mais simplement comme l’idole adulée d’une partie, majoritaire sans aucun doute, de la population. Les Chemises rouges, ou partisans

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Vie et mort de Norodom Sihanouk (1922-2012)

Mort de Norodom Sihanouk Ce matin, en m’éveillant à Phnom Penh, où je me trouve pour quelques semaines, j’apprends que celui que son peuple appelait dans les années soixante « Samdech euv » (monseigneur papa) est mort quelques heures plus tôt à Pékin, ce 15 octobre. Il aurait eu 90 ans le 31 octobre. Depuis 1993, il souffrait d’un cancer. Il effectuait de longs séjours dans la capitale chinoise pour y être soigné. Conteste de l’Histoire du Cambodge La monarchie cambodgienne, depuis la nuit des temps, n’est pas une monarchie héréditaire. C’est une monarchie élective. A la mort du roi, un conseil choisit le successeur parmi les membres de la famille royale. Cette pratique est confirmée dans la Constitution adoptée en 1993. Elle explique en partie le déclin, à partir du XIIIe siècle, du grand empire angkorien, ravagé, à chaque succession, par des conflits entre prétendants au trône. Le Cambodge fut un protectorat français depuis 1863. Ce fut une colonie de fait intégrée dans l’Indochine à partir de 1887. Ce sont les autorités coloniales qui, alors, proposent leur candidat au conseil chargé de désigner le successeur au trône. Le choix se porte dans l’une ou l’autre des deux branches de la famille royale, les Norodom ou les Sisowath. Lorsque le roi Sisowath Monivong décède en 1941,  l’autorité coloniale, c’est le régime de Vichy, représenté par l’amiral Decoux. Vie de Norodom Sihanouk Celui-ci propose le jeune Norodom Sihanouk qui étudie au lycée Chasseloup-Laubat, à Saïgon. Ce beau jeune homme s’intéresse davantage aux jeunes filles et ne manifeste guère d’attention pour les affaires publiques. C’est tout le calcul de l’administration coloniale lorsque le nouveau monarque monte sur le trône le 24 avril. Elle se trompe lourdement.  Non pas sur le comportement du nouveau souverain. Il me confirmera lui-même lors d’un de mes nombreux entretiens

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Seating et Manifestations des Chemises Jaunes

Seating et Manifestations des Chemises Jaunes En octobre 2008 tout Bangkok était occupé ou préoccupé par le seating de soutien au roi qui tenait une très grande partie de la ville. Les plus préoccupés étant les taxis qui ne savaient plus quel chemin prendre pour aller d’un point à un autre. Déjà Bangkok est à tendance aux embouteillages alors vu l’immense partie de Bangkok que prenait cet occupation ils rouspétaient. Pour ma part je n’avais qu’une envie aller y voir de plus près pour me faire une opinion, j’avais atterri à Bangkok début octobre pour rester 6 mois en Thaïlande dont quelques temps à Bangkok. Cependant ne parlant pas un mot de thaïlandais je savais d’avance que je ne comprendrais que d’un point de vue subjectif. En effet il n’est pas possible de comprendre uniquement en ayant la vue et non les mots ! D’autant que nous pouvions acheter des livres « révolutionnaires » (particulièrement sur le Che), que les flics étaient omniprésents et que des barrières pour faire un no man’s land tout autour ! Ma « coutume » est celle de la France : ceux qui occupent et manifestent sont en général de gauche. Énorme contre sens concernant ces manifestations : en Thaïlande les plus remuants sont les gens de droite ! Je ne pus vraiment échanger sur ces occupations et manifestations avec des Français qu’en 2010 quand les Rouges devinrent eux aussi très présents : 2 journalistes étant dans la même Ghest House que moi. L’un d’une télévision sur le net, l’autre à son compte prévoyant de vendre ses photos et articles sur le sujet. De plus je pus échanger quelques phrases avec un chauffeur de songtaew (taxis collectifs de Chiang Mai). Soutien au roi Ces manifestants soutiennent le roi. Ils prirent le nom de « Chemises Jaunes » en 2006, plus tard

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